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Concilier études en prépa et fatigabilité en posture assise

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job d'été
appréhension de l'insertion professionnelle
alternance
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Prénom : Claire*

Type(s) de handicap : Autre

Spécialité(s) étudiée(s) : Commerce/gestion

Ville: Toulouse

 

Témoignage : 

Thème 1 : Présentation du handicap

(présentation de la déficience, impacts sur la vie quotidienne, structures spécialisées, regard des autres, logement, transports …)

Suite à un accident survenu à l’âge de 3 ans, j’ai perdu ma hanche droite et depuis je porte une prothèse de la hanche. Cette partie de mon corps est gravement endommagée, je ne sais pas vraiment ce qu’il me reste à vrai dire. Ce Handicap n’est pas très visible mais les conséquences sur la vie de tous les jours ne sont pas négligeables. En effet, comme ma hanche a été touchée par l’accident, j’ai des graves problèmes de dos qui me rendent la vie difficile au quotidien. Mais les douleurs sont surtout causées par le fait que j’ai besoin de m’appuyer sur un os restant pour pouvoir marcher (je porte une prothèse de la hanche). Je sais que ce que je raconte n’est pas très clair et difficile à imaginer mais moi non plus je ne comprends pas vraiment ce qui se trame à ce niveau-là. 

Le regard des autres est quelque chose qui est difficile à supporter, car il nous rappelle constamment notre différence. Et ce qui est encore plus insupportable, c’est les regards inquisiteurs des personnes que je côtoie et qui n’osent pas demander la raison pour laquelle je boite. Je n’ai pourtant aucune difficulté à en parler et je suis quelqu’un de très sociable. 

Le centre spécialisé que je fréquente est situé en Ile - de -  France, il se situe à 1h30 de chez moi et lorsque je dois m’y rendre je dois y passer toute la journée.

J’avoue que durant mes années de prépa j’ai un peu négligé ma santé. Je ne suis pas vraiment un exemple à suivre à vrai dire parce que je n’allais même plus chez le kiné au milieu de l’année (pas par manque de temps mais parce que les moments de détente que je me permettais d’avoir, je préférais les passer avec mes amis). Mais le soir, j’essayais de faire un peu de gymnastique et je me faisais aussi masser le dos par des amies. Par contre je n’ai pas tenu le coup durant longtemps, à deux mois des concours je n’arrivais plus à rester assisse durant 4 heures, j’ai donc repris les séances de kiné et j’ai bien fait car c’est cela qui m’a permis de tenir durant un mois de concours.

Thème 2 : Scolarité 

(milieu ordinaire / milieu spécialisé, orientation, relations avec les enseignants et les élèves…)

J’ai pu suivre une scolarité ordinaire, et les différents établissements que j’ai fréquentés ont toujours mis tout en œuvre pour me faciliter ma scolarité. Ainsi, au lycée et au collège, l’administration a facilement trouvé une solution pour mon problème de dos et ils ont mis en place un système de double jeu de livre, m’évitant ainsi de porter les lourds manuels scolaires. A cette fin on m’avait mis à ma disposition un casier au lycée pour que j’y conserve les livres que j’utilisais à l’école et j’en avais des autres chez moi. Ce système m’a permis de ne pas accentuer mes douleurs dorsales durant cette période scolaire.  De plus, comme j’habitais loin de mon établissement scolaire, j’étais transportée par un véhicule spécialisé. 

Mais mes deux années de classe préparatoire ont été particulièrement difficiles mentalement (comme tout le monde) mais aussi physiquement. Mon handicap fut particulièrement gênant. Mes problèmes de dos sont devenus insupportables à cause de la position assisse que je devais prendre tout au long de la journée et j’étais beaucoup plus fragile que mes camarades face au manque de repos. D’autant plus que ma mutuelle a tardé pour me donner l’accord me permettant de refaire ma prothèse. J’ai donc dû la refaire durant les périodes de révision du concours et ce furent des demi-journées perdues alors que chaque heure est précieuse à cette période. Mes professeurs n’étaient pas au courant de mon handicap et n’étaient pas conscients que cela affectait mes résultats scolaires, ils ont été mis au courant qu’en fin d’année scolaire par l’infirmière. Je n’ai donc eu aucun traitement de faveur lors des conseils de classe et c’est la raison pour laquelle je suis véritablement fière d’être allée jusqu’au bout et de ne pas avoir abandonné. 

Avec les élèves j’ai toujours entretenu des relations ordinaires, mais du côté des enseignants de prépa, je n’osais pas en parler et je n’avais pas trouvé ça pertinent de leur en faire part. Je voulais qu’ils me considèrent comme une élève quelconque, qu’ils ne me jugent que sur mes résultats et qu’ils puissent rester objectifs (et ça a été le cas, au conseil de classe ils n’ont jamais mâché leurs mots).

Je n’ai aujourd’hui aucun regret car la prépa est bien une formation enrichissante qui nous permet de développer des qualités indispensables au succès professionnel. 

Je n’ai bénéficié d’aucuns aménagements si ce n’est, grâce à la super infirmière de l’école, d’un ordinateur portable léger que je pouvais laisser à l’école. 

Cette procédure m’a permis de mieux m’organiser mais c’est vrai que la douleur était tellement intense que l’instauration de ce système n’a pas changé grand-chose. Ce sont les séances de kiné qui m’ont permis en fait de les soulager en fin d’année.

En ce qui concerne les exigences d’assiduité je n’ai jamais eu aucun problème, même en prépa. Non en prépa comme maintenant en école, je parvenais toujours à m’organiser car j’essayais de prendre mes rendez-vous pendant les vacances et comme les mercredis en prépa étaient dédiés aux Khôles, je les déplaçais donc un autre jour pour avoir mon mercredi de libre (comme beaucoup d’autres élèves).

Thème 3 : Vie professionnelle

(stages / jobs d’été/apprentissage/ carrière professionnelle, aspirations, craintes/espoirs, aménagements, relations avec les collaborateurs, …)

J’ai été auxiliaire de vacances  pour une banque française durant une période d’un mois. Tout aurait pu bien se passer mais  à cette période - là je refaisais ma prothèse donc j’ai dû m’absenter trois  journées entières et ce comportement n’a pas été apprécié par ma responsable. 

J’appréhende aujourd’hui la vie professionnelle car j’ai peur que mon handicap puisse être un obstacle dans ma carrière professionnelle. L’année prochaine je voudrais poursuivre mes études en apprentissage pour pouvoir payer mon école. Mais je ne sais toujours pas s’il est nécessaire que j’aborde mon handicap dans mon entretien. J’ai aussi peur que mes problèmes de santé s’aggravent et que je ne puisse pas supporter le rythme de l’apprentissage étant donné que je commence déjà à avoir des varices, les mollets qui enflent et je ressens déjà des douleurs au niveau du bassin à mon âge. Je m’inquiète pour ma santé et je ne pense pas pouvoir continuer à marcher normalement pendant longtemps. 

Thème 4 : Loisirs 

(sports, culture, structures spécialisées, …)

J’ai toujours adoré nager et j’ai pratiqué durant mon enfance de la natation mais en grandissant, j’ai pris conscience du regard insupportable des gens  dans ce lieu public. J’ai donc refusé à faire du sport durant longtemps mais je viens de découvrir des lieux spécialisés ou je compte m’inscrire  cette année. 

Je ne compte plus faire de la natation mais je viens en fait de découvrir une association pour personne handicapée qui nous permet de faire de l’aviron . 

Thème 5 : La FÉDÉEH

(motivations, attentes, satisfactions, …)

Je me suis inscrite à la FÉDÉEH pour pouvoir trouver des réponses à mes inquiétudes concernant ma vie professionnelle. Mais je n’ai pas encore pu satisfaire ces attentes car j’ai manqué tous les événements organisés qui étaient susceptibles de m’aider. Donc je pense véritablement que leurs actions sont pertinentes. 

Date du témoignage: le 29 décembre 2012

* Le nom a été modifié pour des raisons de confidentialité