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Exploiter au maximum ses capacités pour accomplir un parcours exigeant

difficultés scolaires
fatigue
appareils auditifs

Prénom : Thomas

Type(s) de handicap : Auditif

Spécialité(s) étudiées(s) : Ingénierie

Ville : Lyon

 

Témoignage:

Thème 1 : Présentation du handicap

Mon nom est Thomas, j’ai 20 ans et je suis étudiant en école d’ingénieur. Je suis déficient auditif depuis mes 7 ans et je souhaite partager mon expérience d’un parcours scolaire exigeant.

Pour vous donner brièvement une idée de mon handicap, je suis capable de dialoguer avec une ou deux personnes dans une pièce très calme ou d’écouter de la musique. Je suis appareillé des deux côtés, et, à condition de me laisser un peu pousser les cheveux, personne ne devine que j’entends moins bien que la plupart des gens. Cependant, même relativement léger, même compensé par une aide auditive, un trouble de l’audition a un impact dans un certain nombre de situations. Les cours bien sur, que ce soit en amphithéâtre ou en salle de travaux dirigés, écouter le professeur demande bien plus d’attention, attention qui n’est du coup pas dirigée vers la compréhension. Plus important encore, il m’est impossible de suivre une conversation avec plus de 3-4 interlocuteurs, voir moins lorsque le milieu est bruyant. Un autre élément est le temps qu’il me faut pour comprendre ce que l’on me dit. Sans même que l’on me répète quoi que ce soit, il me faut parfois plusieurs secondes pour comprendre que l’on m’a dit « bonjour, comment ça va ? ». Je vous laisse deviner l’effet … 

Thème 2 : Scolarité

Mes problèmes d’audition ont commencé à l’école primaire, mais j’ai eu la chance d’être très en avance sur mon âge, ce qui m’a permis de progresser sans le moindre aménagement, et sans rencontrer de difficulté scolaire malgré la pression sociale parfois extrême, jusqu’au lycée. 

Arrivé là bas, mon avance sur mes camarades s’est nettement réduite. Soudain, je devais réfléchir pour comprendre un exercice expliqué par le prof. C’était complètement nouveau pour moi. Et c’est là que j’ai commencé à me rendre compte qu’aller en cours me fatiguait. Au point qu’en terminale je m’endormais pratiquement sur place. 

Cependant, à l’époque, je ne faisais pas le lien entre cette fatigue et mon handicap. A mes yeux, j’étais un élève tout à fait comme les autres, avec les mêmes difficultés, les mêmes atouts. Le seul aménagement dont j’ai bénéficié était un tiers temps, et encore je ne l’ai accepté que sous la pression de mes parents. Cependant, je pense que le suivi dont j’ai été l’objet, par des conseillers psychologues, mon ORL, mes profs, a beaucoup contribué à renforcer ma confiance en moi. 

Voilà, je n’ai pas de solution miracle à vous proposer, d’arme secrète pour faire jeu égal avec les autres élèves. Il m’arrive de regretter de ne pas avoir recherché d’avantage de solutions qui auraient pu me permettre d’aller en cours sans revenir lessivé. Mais pas souvent, parce que aujourd’hui je pense que c’est en partie ce combat qui m’a poussé à toujours donner le meilleur de moi même. Attention, je ne cherche pas à vous décourager dans votre recherche de solutions pour mieux suivre votre scolarité. Ce que je veux dire, c’est qu’il ne faut pas que cela vous empêche d’exploiter au maximum vos capacités, car c’est elles qui sont votre meilleur atout. 

Date du témoignage : le 01 mai 2012