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La reprise d'études en alternance après une orientation professionnelle qui se révèle inadaptée

dyslexie
incompréhension
immaturité
humiliation
BEP
orientation subie
orientation choisie
Bac STG
écriture
aisance orale
gestion
comptabilité
BTS
logistique
Université de Marne la Vallée
alternance
lenteur
achat
Licence pro
Informatique
cours du soir
célibataire
amitiés

Prénom : Paul*

Type(s) de handicap : Cognitif

Spécialité(s) étudiée(s) : Licence pro Logistique - Licence pro Achats

Métier : Logisticien

 

Témoignage:

Thème 1: Présentation du handicap

Je suis dyslexique depuis l’âge de 6 ans. L’institutrice me pensait très immature mais n’avait pas cerné le problème. Ce sont mes parents qui se sont inquiétés lors de l’apprentissage de la lecture.

Thème 2: Scolarité

Ce handicap a lourdement impacté mon parcours scolaire d’autant qu’il est à l’origine associé à un trouble dyspraxique. J’ai éprouvé des difficultés à exécuter des dessins en géométrie du fait de difficultés de coordination. J’ai bénéficié du suivi d’un psychomotricien pendant plusieurs  années. Ma dyslexie était associée à un trouble dysorthographique : l’apprentissage de l’écriture passait aussi mal que l’apprentissage de la lecture en primaire.

Les enseignants comprenaient facilement le problème, sauf en CE1 ou une institutrice à voulu me rétrograder après le premier trimestre. Elle refusait de me noter et me rabaissait sans arrêt devant mes camarades. Un passage en commission et l’appui d’un inspecteur de l’Académie m’a évité ce déshonneur. Lorsqu’elle est partie en congé maternité tout s’est très bien passé avec sa remplaçante car elle était sensibilisée au problème. Par la suite, ma mère pour éviter de tels désagréments prenait rendez-vous avec les institutrices. En revanche je n’ai bénéficié d’aucune méthode de compensation ni d’aucune pédagogie adaptée : cela m’a beaucoup gêné dans mon parcours scolaire. 

J’ai commencé à parler beaucoup et à participer activement aux cours en collège et en lycée. Mais en primaire ce n’était pas évident. Mes difficultés scolaires se doublaient de difficultés relationnelles  avec les enfants qui étaient durs avec moi. Après à l’adolescence cela a été dépassé.

Parfois alors même que l’on passe de classe en classe on se rend compte que l’on n’a pas assimilé certaines choses à cause de la dyslexie. Je m’en sortais bien à l’oral et je m’en tirais mal à l’écrit. En philo  par exemple le prof comprenait bien ma situation car je la lui avais expliquée ; mais les enseignants n’ont pas toujours de quoi s’adapter.

Après la 3ème il m’était conseillé de faire un BEP, mais je souhaitais passer mon bac, là il a fallu se battre pour que mon dossier soit accepté, mes notes étaient convenables mais rien ne se faisait dans la facilité.

J’ai conclu mon parcours secondaire par un bac G2. En série G2 quel que fut mon intérêt pour la philosophie j’éprouvais des difficultés dans cette discipline comme dans les autres disciplines littéraires pour rédiger des synthèses et ce, malgré le travail d’orthophonie dont j’ai bénéficié depuis l’enfance et qui m’a aidé à mieux rédiger. Heureusement j’étais doué pour les disciplines de gestion /comptabilité la manipulation des chiffres ne posant aucun problème.

Par ailleurs je bénéficiais des Tiers-temps qui m’ont toujours beaucoup aidé pour compenser mon problème de lenteur. Néanmoins, obtenir le baccalauréat m’a demandé beaucoup de ténacité et de travail, il m’est arrivé de passer des nuits blanches pour faire mes révisions. 

Thème 3: Études suivies

Arrivé dans l’enseignement supérieur j’ai d’abord entrepris un BTS  dans le domaine de la logistique.

Thème 4: Vie professionnelle

Puis j’ai fait de l’alternance avec la Fac de Marne la Vallée. J’ai commencé à travailler mais en entreprise cela s’est passé de manière inégale ; je relativise car je pense que pour beaucoup de jeunes c’était moyen. J’avais encore et toujours ces problèmes de lenteur. Maintenant je les ressens moins. Je suis alors retourné sur le marché du travail mais je n’ai pas réussi à trouver de débouchés au niveau des achats car il demande plutôt des BAC+4 ou BAC+5 et un caractère moins introverti que le mien. 

J’ai donc recommencé une licence en renouant avec ma dominante d’origine qu’est la logistique

Toujours curieux de choses de l’informatique je prends aujourd’hui des cours libres de bureautique.  

Je suis resté Célibataire et je ne pense pas que mon handicap impacte au niveau des amitiés. 

Date du témoignage: le 05 février 2013

* Le nom a été modifié pour des raisons de confidentialité