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L'inactivité professionnelle, un pallié pour mon avenir

accident du travail
RQTH
Bac S
lecture

Type(s) de handicap : Autre

Métier : Logistique

 

Témoignage : 

Thème 1 : Présentation du handicap

Bonjour, j'ai bientôt 28 ans, et en mars 2012 j'ai subi une rupture de plusieurs ligaments du poignet gauche. Cet « accident », puisqu'il n'a pas été reconnu comme accident de travail, m'est arrivé lors d'un port de charges lourdes lors de l'exercice de mon activité d'employé libre - service.

Il faut savoir que n'étant pas très douillet par nature, j'ai d'abord cru à une simple tendinite, le traumatisme a donc été soigné en tant que tel avec l'accord de mon médecin traitant les trois premières semaines. Ce n'est que devant l'absence d'amélioration, autant au niveau de la mobilité que des douleurs, que divers examens ont mis en évidence la blessure. J'ai donc été opéré pour nettoyer le poignet : plus précisément, les ligaments se sont déchirés en plusieurs morceaux, lesquels s'étaient introduits entre les os du poignet, gênant la mobilité. Fort heureusement, la totalité des ligaments n'ayant pas été rompu, la pose d'une broche n'a pas été nécessaire. La seule chose nécessaire maintenant, c'est la patience d'attendre la repousse des ligaments, et le renforcement musculaire qui va en suivre. En attendant, je ne peux plus porter de choses lourdes, ce qui a amené à ma RQTH (reconnaissance de travailleur handicapé), et me laisse un choix très restreint de postes dans le secteur logistique, où je souhaite continuer à exercer.

Actuellement, je suis donc en relation avec la personne chargée des formations au sein de Cap Emploi 31, afin de trouver un financement pour passer le Caces 3R389 (ou plus « simplement », la Certification d'Aptitude à la Conduite d'Engins Spécifiques, ici les chariots élévateurs) pour exercer en tant que Cariste, ce qui pallierait à ma restriction physique au port de charges. Malheureusement, la procédure administrative privilégie une possibilité de financement de la part de la Région : autrement dit, mon dossier ne sera constitué auprès d'un autre organisme de financement que si la Région le refuse. Cependant, la Région ne se prononcera à ce sujet qu'à partir de mi-janvier, je tourne donc comme un lion en cage depuis fin octobre (date de la fin de contrat de mon précédent poste), puisque personne ne peut me répondre sur les conséquences de la prise d'un poste en Contrat à Durée Déterminée en attendant . Le seul conseil donné a été de ne RIEN FAIRE (dans le doute qu'un petit poste me résilie la possibilité d'une prise en charge par Cap Emploi) et de prendre patience.

Je me dois tout de même d'être impartial : je ne suis pas si mal loti comparé à d'autres, c'est juste que je me sens démuni face aux exigences financières de la vie : les factures, les impôts, par exemple. De plus avant de me blesser, je commençais à lancer les préparatifs de mon mariage ! Autrement dit, l'avenir ne se présente pas comme je l'espérais en ce moment. D'autant plus que je dispose de preuves solides, autant par mes contacts avec les entreprises que par ma propre connaissance des offres d'emplois, que dès que j'aurai cette certification, je n'aurai aucun mal à trouver rapidement un emploi. Ce qui me rend encore plus impatient, l'inactivité professionnelle s'accompagnant d'un manque de ressources financières qui pourrait être rapidement pallié.

Thème 2 : Vie professionnelle

Si on se penche sur mon CV, on peut très facilement se demander pourquoi le choix d'une carrière dans la logistique. En effet, après un Bac scientifique, je me suis orienté vers la médecine, puis la Psychologie. Ce n'est qu'en milieu d'année de ma première année de Master que j'ai remis en question mon choix d'études, constatant de plus en plus les difficultés de débouchés dans cette filière au niveau du monde du travail. J'avais 25 ans, et l'envie de prendre mon indépendance financière plutôt que de continuer sur encore plusieurs années d'études sans perspectives sûres, j'ai donc arrêté mes études et me suis lancé à la recherche d'un emploi. De plus, on m'avait récemment diagnostiqué une intolérance au gluten, dont je souffrais probablement depuis mon plus jeune âge, mais qui était passée inaperçue du corps médical, pas assez renseigné à ce sujet. Le fait de ne plus souffrir de ça m'a amené à reconsidérer beaucoup de choses …

Ce dont je ne me doutais que très peu, c'est que mes diplômes universitaires étaient très peu alléchants pour de potentiels recruteurs : après avoir passé plusieurs mois à essayer de chercher dans ma branche, j'ai revu mes exigences, et ait postulé à tout ce que je pouvais …

C'est en 2010 que mon poste d'employé flux entrant à IKEA m'a ouvert les portes du domaine de la logistique. Les horaires décalés, le défi des charges lourdes, l'ambiance de travail sur les quais de déchargement, les machines, j'ai découvert que tout cela convenait à ma personnalité, mes goûts et mes envies professionnelles. C'est pour cette raison que je souhaite continuer dans cette voie, malgré mes restrictions physiques. Et puis, bon, on n'oublie jamais son premier coup de foudre ! Et là, je me suis senti très attiré !

Thème 3 : Loisirs

Comment dire … C'était comme une renaissance. Je n'avais jamais vraiment pris ma vie au sérieux, choisissant mon orientation un peu par jeu : par exemple, j'ai toujours été un grand lecteur, prenant beaucoup de plaisir à lire sans cesse en négligeant le reste, et ayant de très bonnes notes au collège. Étant en résumé « l'intellectuel pas doué en sport qui a le nez dans les livres », on m'a conseillé une filière littéraire … J'ai donc fait une filière sciences de l'ingénieur. Tout ça pour dire que je suis arrivé sur le marché du travail sans jamais vraiment avoir pensé à ce que j'aimais faire et ce que j'avais envie de faire. L'expérience du domaine logistique m'a épanoui, à plusieurs points de vue.

Cela peut paraître très contradictoire avec l'image de l'intellectuel pas doué en sport, mais j'ai pendant longtemps (plus d'une dizaine d'années) pratiqué les arts martiaux et le renforcement musculaire. Le fait de garder une image publique très éloignée de l'image que j'avais de moi-même, en plus de me perturber, m'a amené à être très curieux du fonctionnement psychique, et donc de la perception du monde des gens. C'est ce qui m'a amené à la philosophie, puis à la psychologie par extension. Cela dit, c'est la pratique du métier d'employé logistique qui m'a amené à concilier mon image publique et ma perception privée : plus simplement, j'ai pris confiance en moi, en mes capacités, en plus de découvrir de l'intérêt pour le secteur.

Et puis, plus basiquement, j'aime l'idée de faire un travail physique que peu de gens aimeraient faire. J'en tire de la fierté, ou du moins j'en retirais quand j'étais encore en mesure de le faire. J'aime l'idée de faire partie du monde du travail de manière originale, et la pratique d'une activité dans le domaine logistique me convient donc parfaitement à ce point de vue.

Thème 4 : La FÉDÉEH

Pour conclure, donc, je n'attends pas particulièrement quelque chose de la FÉDÉEH : un partage d'expériences, de témoignages, des rencontres, même si elles ne donnent rien de concret. J'espère juste rencontrer des gens et peut-être conseiller et me faire conseiller, construire un réseau de connaissances !

Date du témoignage : le 14 janvier 2013