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Ma surdité n'a jamais été un frein

hospitalisation
migraines
ecole d'ingénieur
mission handicap
animatrice
musique

Type(s) de handicap : Auditif

Spécialité(s) étudiée(s) : Ingénieur

 

Témoignage :

Thème 1 : Présentation du handicap

Je suis depuis 5 ans sourde de l’oreille gauche suite aux séquelles d’une méningite. 

Après mon hospitalisation, la seule chose qui m’importait était que rien ne se voit et que ma vie reprenne comme avant. 

Mais très vite j’ai du me rendre à l’évidence, ca ne serait pas possible pour tout (il m’est par exemple impossible de repérer la direction d’un son, de marcher sur une poutre ou de profiter des concerts comme avant),  alors j’ai appris à m’adapter et je me suis alors créer une nouvelle routine. Cependant, dans la vie quotidienne, si je ne dit rien, personne ne remarque ma sourdité. 

Thème 2 : Scolarité

Une des seuls impacts sur ma scolarité a été ma migration des rangs du fond vers les premiers rangs pour mieux entendre les professeurs. Par ailleurs, mes nombreuses migraines du, entre – autres, aux acouphènes dans l’oreille ont été difficile à accepter et à gérer, le temps a été dans ces situations ma seule arme. 

Thème 3 : Études suivies

J’ai ensuite eu mon bac et je suis entrée en Ecole d’ingénieur où très peu de mes professeurs étaient au courant de mon handicap. Il m’est arrivé de me retrouver dans des situations dans lesquelles mes professeurs me parlaient en étant à gauche de moi, je me suis donc sentie gênée mais j’ai toujours pu compter sur mes amis qui une fois le professeur parti me résumait l’important à retenir. Lors de ma quatrième année, un chargé de Mission Handicap a été embauché à l’école, il m’a alors contacté. J’ai dans un premier temps refusé son aide, je ne voulais pas qu’on me différencie des autres, je ne me sens pas différente et je n’avais pas envie que quelqu’un me le fasse sentir. Mais peu à peu, j’ai accepté de m’entretenir avec lui et j’ai peu à peu vu ma surdité d’un nouveau point de vue : mon but maintenant n’est plus de la cacher obligatoirement mais de savoir le dire quand c’est nécessaire et ainsi ne plus ou presque plus me retrouver dans des situations gênantes. 

Par ailleurs, un des avantages de la Mission Handicap est les contacts facilités entre eux et les DRH. La décision de demander ma carte de travailleur handicapé n’a pas été facile à prendre. Finalement, après maintes et maintes conversations avec mes proches j’ai décidé que cette carte pourrait me servir, que je ne prendrais jamais la place de quelqu’un d’autre si je suis moins bien qualifié que lui. Il a fallu du temps mais j’ai finalement accepté que la discrimination positive, puisse avoir du bon !

Thème 5 : Loisirs

Ma surdité n’a jamais été un frein pour moi, je continue toujours à être animatrice en colonie de vacances, à faire du basket ou écouter de la musique avec mes écouteurs. Et ma surdité n’a pas bridé mon ambition professionnelle, travailler sur chantier est ce qui me plait, c’est le milieu dans lequel je suis. Le tout est de savoir s’adapter en fonction de ses propres capacités et de ses propres limites et de savoir donner ce que l’on peut et du mieux que l’on peut.

Date du témoignage : le 27 juillet 2013