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Reprendre des études de médecine et les mener à bien après un AVC

hémiplégie
aphasie
fatigue
rééducation
compensation
travailleur indépendant
vie associative

Prénom : Blandine

Type(s) de handicap : Moteur

Spécialité(s) étudiée(s) : Médecine obstétrique

Métier : Gynécologue obstétricienne 

Ville : Paris

 

Témoignage : 

Thème 1 : Présentation du handicap

Je suis née en 1978 et fière de ce que je suis devenue.

Etudiante en médecine, j’étais interne en gynécologie-obstétrique quand j’ai fait un accident vasculaire cérébral en décembre 2006. D’un jour à l’autre, ma vie a basculé. A mon réveil, j’étais aphasique et hémiplégique. Mais avec beaucoup de volonté et de courage je me suis rééduquée. Au début, j’étais dans un déni de la réalité mais petit à petit celle-ci a pris le dessus ; ce fut dur. 

Thème 2 : Scolarité et études suivies

Au bout de 9 mois, tout en poursuivant ma rééducation, j’ai repris mes études en tant que stagiaire bénévole à l’hôpital. Les semaines étaient épuisantes et les échecs cuisants. Mais, c’était la seule façon pour moi de me rendre compte de ma réalité. J’ai alors abandonné mon désir de faire de la chirurgie et de l’obstétrique aspirant être indépendante dans l’exercice de mon métier. 

Au bout de 2 ans et 5 mois, j’ai repris mon internat en surnombre et je finis en mai 2011. J’ai vraiment trouvé ma voie. Ma thèse sera une belle et tangible preuve de ma passion. 

Après, je ne sais pas mais je ne veux pas abandonner sous prétexte que je ne fais pas de garde ! J’ai développé et acquis une vraie compétence en tant que médecin.

Si mon AVC s’était produit avant mes études, je ne suis pas certaine du tout que j’aurais choisi ce métier non pas par dégoût, mais par facilité… Or mon handicap était évolutif et maintenant presque invisible. 

Nous, personnes handicapées, avons besoin d’aide dans de nombreux domaines, de compensation de nos handicaps pour pouvoir espérer avoir le même résultat et nous devons très souvent décupler nos efforts avec nos différents interlocuteurs pour obtenir ce dont nous avons besoin ou simplement droit…

L’approche du handicap à la faculté et sa prise en compte est quasi nulle pour ne pas dire nulle. C’est donc l’enfer, le parcours du « combattant » pour nous. Il faut défoncer les portes, comprendre le fonctionnement de l’université et que celle-ci comprenne la vie et le monde du handicap.

Thème 3 : Loisirs

Mes loisirs sont de plus en plus associatifs (Femme pour le Dire, Femme pour Agir et la FEDEEH en partie). 

Date du témoignage : le 02 février 2011