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Un contact avec le Crédit Agricole sur un Handicafé©

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Prénom : Bérénice

Type(s) de handicap : Maladie chronique

Spécialité(s) étudiée(s) : DU Banque et assurance par alternance

Métier : Commerciale

Ville : Alès

 

Témoignage : 

Thème 1: Présentation du handicap

Au lycée, je me suis rendue compte qu’il y avait un souci, à chaque fois que je restai debout trop longtemps (+20min) j’avais des vertiges, des bouffées de chaleur, puis perte de connaissance. Cela m’arrivait régulièrement je ne savais pas d’où ça venait. 

Ça a été une période difficile, je commençais à ne plus pouvoir faire la queue dans les magasins, et à ne plus pouvoir fréquenter les lieux où y avait de l’attente (parcs d’attraction etc.).

Mes parents ne me croyaient pas ou du moins ne me prenaient pas au sérieux, j’avais beau en parler à mon médecin généraliste il me disait que je ne devais pas manger assez équilibré mais ne me faisait passer aucun examen.

Je suis donc restée comme ça pendant 3 ans puis j’ai déménagée chez mon copain et j’ai eu un nouveau médecin traitant, lui m’a conseillée d’aller passer un Tilt Test au centre hospitalier de Nîmes (Carémeau). J’y suis allée, on m’a allongée sur une « table » et ils la basculaient petit à petit, au bout d’un moment on a vu ma tension chuter pour atteindre 3, j’ai été à deux doigts de perdre connaissance. Et là, le verdict : « Formellement positif, la patiente reconnaît les malaises cliniques ».

Ils m’ont dit que c’était probablement de l’hypotension orthostatique et d’aller consulter un cardiologue, ce que j’ai fait, le verdict d’hypotension a été confirmé. 

En fait, pour faire simple, mon sang ne circule pas correctement de mes pieds à ma tête car étant donné ma taille (1,80m) mon cœur est trop petit pour pomper, de plus mes veines se dilatent et ne pompent pas assez (surtout quand j’ai chaud), conclusion le sang n’arrive pas en bonne quantité au cerveau qui n’est pas irrigué, mon cœur s’emballe et vu que rien n’arrive à lui au bout d’un moment la tension chute et je perds connaissance.

Mon handicap était inconnu à tous ceux qui m’ont examiné (CHU, cardiologue, médecins traitants, médecine du travail…), ils n’avaient donc pas de solutions à m’apporter, ils n’avaient jamais vu ça, et moi-même sur internet ou même dans la vie courante je n’ai jamais eu la chance de rencontrer quelqu’un qui avait le même problème de santé que moi pour échanger.

J’ai eu des traitements pour augmenter ma tension, j’ai dû manger plus salé, dormir la tête surélevée, porter des bas de contention et en cas de malaises surélever les jambes et boire.

Thème 2: Scolarité

J’étais dans une école ordinaire, et quand on me proposait des visites de musées ou autres activités debout ça se passait toujours mal, les profs pensaient que si je n’y allais pas (car je savais comment ça allait finir) c’était de la comédie et me pénalisaient… 

Les autres élèves pensaient aussi que c’était de la comédie, je me suis sentie seule car il n’y avait que mon copain qui me prenait au sérieux…

Thème 3: Vie professionnelle

Mais malheureusement ça n’a rien guéri, les traitements n’ont pas été efficaces sur moi, j’ai dû penser à changer de projet professionnel, je voulais travailler avec les enfants ce qui n’était pas possible pour quelqu’un qui ne peut pas rester debout. J’avais travaillé à McDo et fait un malaise au niveau des huiles de cuisson. J’aurais pu avoir de gros soucis, être défigurée ou autre : ça m’a servi de leçon. Tous les petits boulots facile à trouver (restauration, vente, ménage…) je ne pouvais plus y postuler, ce qui compliquait beaucoup mes recherches car quand on cherche du travail c’est dur, alors quand en plus on élimine tous les postes avec station debout (prolongée ou non) il ne reste pas grand-chose voire rien.

J’ai donc pensée à me faire reconnaître en tant que travailleur handicapée, j’ai fait les démarches avec mon médecin, ça a été long, assez difficile, beaucoup de paperasses, des examens à passer etc… mais au final j’ai été reconnue travailleur handicapée par la médecine du travail, ça a facilité les choses car je pouvais désormais être honnête avec les employeurs, leur en parler, et eux cela les arrangeait dans le sens où ils ont des aides par l’AGEFIPH, et que de toute façon ils sont obligés d’employer 6% de personnes handicapées. Donc moi ça m’arrange d’avoir un travail car au final ça ne leur coûte pas grand-chose : je n’ai besoin que d’une chaise au cas où j’ai besoin de m’asseoir. Les facteurs qui aggravent l’hypotension sont la chaleur, le confinement / le monde, la station debout ; il fallait donc que j’évite ces 3 situations.

Par la suite,  j’ai réussie à trouver un travail comme commerciale, je n’ai pas eu à leur parler de mon handicap car ils m’ont embauchée immédiatement. Quand ils l’ont su ils ne m’ont pas demandé ce que j’avais.  Ils n’ont jamais respecté mon handicap alors qu’ils recevaient les aides (1700€ tous les 6 mois)… mais je n’avais même pas une chaise ! J’étais en plein soleil, jusqu’à 50° un jour d’été, sans ventilateur ni clim, dans un coin de la pièce avec un tabouret, ça leur passait au-dessus. Moi j’avais peur de perdre mon travail donc je faisais avec…

C’était une imprimerie, il y avait des machines, on me mettait dessus alors que je n’avais aucune qualification et que les machines n’étaient pas aux normes de sécurité…

La voiture de fonction n’avait pas passé un contrôle technique depuis longtemps, je prenais des risques car peu de choses fonctionnaient encore, après quelques mois ils me faisaient faire les livraisons car ils n’avaient plus le temps de le faire, j’ai été forcée de le faire, jusqu’au jour où je me suis fait très mal au dos en soulevant un carton, j’ai été mise en accident de travail, on a passé des radios, une vertèbre s’était déplacée et on s’est rendu compte qu’il me manquait (de naissance) un os dans la colonne, la médecine du travail m’a donc demandée de tout leur expliquer, ils m’ont déclarée inapte au poste (à cause de la station debout, des conditions de travail…), de plus ils m’ont dit que je ne pourrais plus porter de poids au-delà de 5kg. J’ai donc été licenciée pour inaptitude.

A partir de ce jour-là, j’ai pu « revivre » car mon expérience de 18 mois dans cette entreprise avait été un véritable enfer physiquement et psychologiquement.

Désormais je recherche un poste assis, avec un peu de commercial si possible, et surtout dans de grandes entreprises qui recherchent des travailleurs handicapées, comme ça je prends moins de risques.

J'ai été ré - embauchée par le HECA (Handicap et Emploi au Crédit Agricole) en septembre 2012 dans le cadre d'un DU (diplôme universitaire) banque et assurances. Je suis donc en contrat de professionnalisation pendant un an. 

Je ne serais pas forcément titularisée à la fin mais en attenant je suis assistante de clientèle à l’accueil et ça me plaît.

Thème 4: La FÉDÉEH

La FÉDÉEH m’a beaucoup aidé, le 09/02/12 ils avaient organisé un Handicafé© , super idée, il y avait des entreprises, d’autres jeunes atteints de handicaps divers et variés avec qui j’ai pu partager, certains avec qui j’ai pu garder contact. Les employeurs présent étaient compréhensifs concernant le handicap on pouvait en parler sans avoir l’air « différent », j’ai fait des rencontres intéressantes et j’ai été rappelée par le Crédit Agricole ou j’ai travaillé 1 mois.

J’espère que la FÉDÉEH continuera ses actions et à faire aussi bien son travail, hâte le prochain Handicafé©. 

Date du témoignage: le 12 décembre 2012