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Un début en milieu ordinaire très difficile, passage obligé en milieu spécialisé

surdité
milieu ordinaire
milieu spécialisé
regard des autres

Prénom : Ludovic

Type(s) de handicap : Auditif

 

Témoignage : 

Thème 1 : Présentation du handicap

Je me présente Ludovic, je suis né au Cameroun, je suis sourd, ma surdité fait suite d’une méningite quand j’avais l’âge de 6 mois, j’ai commencé à marcher à l’âge de 3 ans, j’étais super trop faible, car je tombais quand je marchais. J’ai été appareillé qu’à l’âge de 16 ans quand je suis arrivé en France. J’ai été en intégration dans une école ordinaire, ça a été un véritable calvaire, j’en ai beaucoup souffert. Et j’ai été dans une école spécialisé pour sourds et malentendants qu’à l’âge de 17 ans.

J’ai peur du regard des autres, du fait que je sois sourd d’être rejeté. C’est la raison pour laquelle je ne suis pas très sociable, j’ai toujours été dans mon coin, bien sûr, les gens m’aimaient, enfin je n’en sais rien, je me fais toujours des idées. Si je dis que les gens m’aiment parce que je suis une personne très tranquille, qui ne cherche pas de problèmes, je suis plutôt timide, j’attends toujours que l’on vient vers moi, c’est à ce moment-là qu’il voie qui je suis. Cette timidité que j’avais auparavant, j’essaie de m’en défaire, ce n’ai pas facile d’aller vers les autres, je bats tous les jours afin d’être d’un peu plus sociable, et cette sociabilité je l’ai trouvé dans le monde du travail, car on n’est obligé d’interagir entre nous les collègues peu importe l’handicap que nous portons. Afin de faire connaître ma vraie valeur, c’est de dire que tous les sourds ne sont pas muet, je suis sourds sans mes appareils, je parle oralement je fais beaucoup d’effort pour que l’on me comprenne  tout en accentuant sur l’articulation. C’est vraiment très difficile pour moi, et à partir du moment où je parle, mes correspondants finissent très par oublié que moi je suis sourd et commence à s’exprimer comme si je suis une personne entendante, c’est une bonne chose, ça donne le sourire, mais faut s’arrêter, car ce n’est pas vrai, le fait d’avoir les appareils auditifs ne remplace en aucun les oreilles d’un entendant, avec toutes les technologies qui pourraient avoir en ce monde, nous les sourds, nous pourrons jamais entendre comme les entendants. Les aides auditives nous aident beaucoup à mieux percevoir tout ce qui se passe autour de nous. Moi personnellement j’entends tout à la fois avec mes aides auditives, le vent, les oiseaux, les pas, la voix de tous ceux qui sont auprès de moi sans rien comprendre mais pour que moi je comprenne ce que la personne me dit malgré le bruit ambiant autour de moi, je me concentre tout en me fixant sur la personne et lisant sur ses lèvres (je comprends par les syllabes et l’articulation sans que la personne se mette à crier en parlant)

Thème 2 : Scolarité

Quand j’étais tout petit, mes parents ne voulaient pas que je suive une formation comme les autres enfants, car j’avais eu une méningite quand j’étais bébé, étant enfant, j’étais super faible, ce n’étais pas un problème d’alimentation, je ne manquais de rien, j’avais l’amour de toute ma famille, et l’ai toujours aujourd’hui. Ma famille a toujours peur de toutes les initiatives que je prends, je les comprends tout à fait, mais je ne pouvais pas rester là sans rien faire. J’avais 6 ans j’étais gardé par chaque membre de ma famille (frère, sœur, cousines, oncles, tantes, etc…) qui m’apprenais des choses, à dessiner, à écrire des lettres, à jouer, etc… mais moi, j'avais un manque très profond au fond de moi, à 6ans je passais mon temps à la maison, ou allez au marcher avec maman pour vendre des habits, comme quand je marchais j’étais très fatigué au bout de 5-10 minutes de marches, maman me portaient sur son dos avec un pagne enroulé autour de moi. J’en avais marre de tout ça, j’étais jaloux alors que les autres enfants me désiraient tellement et aimeraient être à ma place mais moi je voulais être comme eux, avoir des amis et aller à l’école. Une fois mon grand frère, à sécher l’école, et avait oublié son cartable à la maison, la personne qui me gardait dormait, mais je voualis aller à l’école, j’ai pris piqué l’ardoise une craie avec discrétion, le cœur battant, j’ai pris un beau vêtement blanc que j’ai enfilé et une belle paire de chaussure déjà nettoyer. Quand j’allais souvent au marcher avec maman depuis mes 3 ans j’avais repéré une école où mes voisins y allaient souvent. Et cette école se trouvait à 40mn à pied, j’avais pour interdiction de sortir tout seul de la maison, car je pourrais me faire bousculer par des jeunes voyous qui courent dans tous les sens, et je pouvais me perdre ou encore avoir des crises sur le chemin de la route. J’étais tellement motivé de pouvoir m’échapper de la maison et d’aller à l’école pour la 1ère fois de ma vie. En marchant sur la route, étant faible, comme je le disais je  tombais à chaque fois que je marchais pendant un certain moment. Sur la route du chemin, je suis tombé 3 fois, pendant que je marchais, il y avait des mamans qui me reconnaissaient, me faisant un signe de salutation, et me demandait « où vas-tu comme ça tout seul mon père », je lui ai répondu que j’allais à l’école. Et elle m’a répondu, c’est bien ça mon père, travaille bien. Quand je tombais les gens qui me reconnaissaient, venait à mon secours et m’aidait à me relever car j’avais beaucoup de difficulté à me relever tout seul. D’habitude quand je tombe, je pleure mais là je n’avais pas versé une larme, je saignais des genoux et des bras, ils m’ont aidé à l’essuyer, parfois ils voulaient me forcer à rentrer à la maison, j’ai crié que je voulais aller à l’école, je ne comprenais à ce moment pourquoi tout le monde était tant protecteur avec moi. 40 mn de marche, j’avais des fourmis, et il faisait très chaud, je n’avais pas bu d’eau, une fois que je suis arrivé à l’école, je suis entré dans l’établissement, un maitre qui fut mon maître le plus méchant plus tard (mdr), m’a vu et m’a répété plusieurs fois en face de moi et doucement en me demandant si j’étais en retard, et m’a demandé où se trouvait ma classe, j’ai indiqué une classe au hasard, il m’accompagné, j’étais tellement exciter de commencer l’école, j’avais le cœur remplie de joie, j’entendais des enfants chanter mais très bas, mais en faite il chantais super fort, ces chantonnements que j’entendais sans comprendre les paroles, me remplirent de joie et de bonheur. En avant vers la classe, en fait j’ai désigné une classe de mon cousins qui était super gentil et adorable, mais là j’en ai vu une autre car il était dans une colère farouche avec ses élèves et avait un long  fouet en caoutchouc d’à peu près 1m, j’en ai eu peur car je ne reconnaissais pas cette homme et que ça devrait être son frère jumeau que je n’ai jamais rencontré à la maison. Quand il m’a, il était super surpris et est redevenu celui que j’ai toujours connu. il m’a demandé ce que je faisais là,  je lui ai dit que je voulais aller à l’école, mais par contre je n’en avais plus du tout envie, car j’ai vu l’enfer que l’enfer subissaient. Ce que je voualais en cette instant là, c’est de détaler, mais je ne savais même pas courir, en moins de 30s, je serais déjà essoufflé, et m’évanouirai vu les 40mn que je venais de parcourir. Il m’a dit que tout allait bien se passer, il m’a mis chez une maîtresse qui était superbe adorable, l’architecture de la classe était super beau, des dessins, des couleurs, des lettres, enfin tout se ce que je rêvais quoi !!

Normalement, je n’avais pas être là, je regardais par l’entrée sans porte, mon cousin, la direction et ma future maîtresse entrain de discuter calmement, elle me lançait des regards luisants avec un sourire un espoir que tout allait bien se passer et qu’elle allait s’occuper de moi, m’apprendre plein de choses, j’étais aux anges, et j’étais très contents, et du coup mon cousin vient me voir et me demande si ma mère était au courant que je suis allé à l’école tout seul, je voyais mon espoir s’évaporer, je me suis mis à pleurer que je ne voulais plus rentrer à la maison et que je voulais rester à l’école avec la maîtresse. il a envoyé une personne de sa classe qui  connait où travaillait ma mère pour l’avertir et qu’il allait rentrer avec moi. (il n’y a avait pas de téléphone portable, enfin je ne sais pas si ça existait à cette époque). La maîtresse m’a donnée du jus et des cakes, j’en ai mangé, et comme j’étais fatigué, je me suis endormi. Et quand je me suis réveillé j’étais au lit, et quand je suis sorti de la chambre, ma mère était très inquiet, quand elle me parlait, je ne savais pas qu’elle me grondait ou si elle me parlais normalement car elle parlais avec une expression qu’elle n’a jamais eu en mon encombre, elle m’a dit de ne plus jamais refaire ça (de ne plus quitter la maison sans avertir personne) , j’ai pleuré et je lui ai dit que je voulais aller à l’école et que si elle refuse, je fuirai la maison, mon cousin lui expliquait qu’il était que j’aille à l’école comme les autres enfants, elle a fini par accepter après une longue discussion que je n’arrivais même pas à suivre car il n’était pas en face de moi, quand elle se retourne pour me dire que j’irai à la rentrée en septembre prochain, je me suis mis à sautiller, j’étais tellement content que j’ai embrassé ma mère en lui faisant plein de bisou tout en lui disant merci maman en plusieurs reprises. Par où je passais, j’étais souriant, et j’annonçais à tous ceux qui me reconnaissaient dans la rue que j’allais bientôt aller à l’école et j’étais très content, les enfants ne me comprenaient pas. J’étais tout simplement le plus joyeux de tous .

Date du témoignage : le 06 mars 2013