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Une mission handicap formidable: les mesures prises pour aider les jeunes en situation de handicap ont porté leurs fruits

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handicap invisible

Prénom : Aurore*

Type(s) de handicap : Autre

Spécialité(s) étudiée(s) : Ecole de commerce

Ville : Compiègne

 

Témoignage :

Thème 1 : Présentation du handicap

(Présentation de la déficience, impacts sur la vie quotidienne, structures spécialisées, regard des autres, logement, transports …)

Ma maladie se traduit par une perte de conscience momentanée, me figeant, telle une statut, ou bien un enfant jouant à « 1, 2,3 soleil ! », la durée est variable. Je ne m’en rends compte qu’en sortant de cet état. C’est suivi d’une migraine abominable, si on devait se faire arracher le cerveau ça ferait peut-être cet effet…

Je n’ai pas besoin d’aménageant particulier, juste trop de médicaments, matin et soir à des heures bien précises. Des rendez-vous mensuels, bimensuels selon mon état de santé. Il n’y a eu aucune diminution, que des augmentations de doses. Des doses avec des effets secondaires bien entendu.

Le problème d’une maladie qui ne se remarque pas à l’œil nue est à double tranchant : on peut vivre normalement, être considéré comme… au point que les gens en oublie la maladie et ne comprend pas dans ce cas les avantages qui nous sont liés tels que le tiers temps… Ce qui entraine jalousies, critiques, chocs, dégouts ou autre selon la personne, ami(e) ou pas.

Seulement, les interdictions, les handicaps, les répercussions de la maladie, d’une maladie qui ne se voit pas peuvent-être conséquentes. Sans compter le regard des autres qui ne font qu’accentuer le problème. Je suis trop sensible pour ne pas réagir et m’énerver malheureusement…

Pour exemple : je ne peux ni nager sans surveillance, ni faire de sport qui pourrait m’essouffler, ni conduire (dur pour trouver un travail en province), et si j’écoutais mon médecin je ne pourrai plus aller en boite, ni aller au cinéma, ni regarder la tv donc pas d’ordi etc. Bref, vivre. Je ne peux me permettre, jeune ou pas de vivre séquestrer comme ça a été le cas de mon grand père, 5 ans ainsi, coincé, mais il a été guéri. J’assume donc les conséquences de mes actes quitte à être malade à vie.

Avec un peu de chance et de tolérance mon médecin me permettra peut-être d’avoir un enfant sans qu’il soit déformé à cause de mes médicaments. Et oui, un autre effet secondaire comme si ceux de la maladie ne suffisaient pas.

Thème 2 : Scolarité

(milieu ordinaire/milieu spécialisé, orientation, relations avec les enseignants et les élèves, …)

La perte de mémoire n’est pas à mon avantage, surtout dans les études supérieures ou la difficulté est de plus en plus croissante. Apprendre, apprendre, apprendre… Plus que d’autres pour obtenir parfois des résultats négatifs, des efforts non récompensés.

L’aide de madame Bertin Boussu, responsable des handicaps de mon école m’a énormément aidé. C’est grâce à elle si aujourd’hui j’assume ce statut. Ça a pris beaucoup de temps mais j’ai réussi. Plus d’un an quand même… Une vraie formation, sensibilisation en somme !

Etre handicapé, c’est comme collé une étiquette sur le front de quelqu’un pour qu’on le désigne du doigt. Pas facile à accepter. 

Elle est formidable, j’aimerai faire de même, aider ceux qui ont été dans mon cas, celui refusant d’en parler, totalement sourd à cette idée de porter cette étiquette.

Thème 3 : Vie professionnelle

(Stages/ jobs d’été/apprentissage/ carrière professionnelle, aspirations, craintes/espoirs, aménagements, relations avec les collaborateurs, …)

A l’aide de mon handicap j’ai pu trouver mon année de césure. Avec mon super CV, une super école, une super responsable sans compter les entreprises qui ne respectent pas le quota d’handicapés au sein de leur entreprise, c’était tout bénef ! Comme quoi, les mesures prises pour soutenir les handicapés sont efficaces ! Un point de plus à l’idée de porter « l’étiquette » ! Faut dire que ça aide 

Mais bon, une fois que des collègues en prennent connaissances, la vue des autres sur soi change. Un regard, un comportement différent. Une réaction effrayante, perturbante.

Thème 4 : Loisirs 

(Sports, culture, structures spécialisées, …)

Cela m’est interdit, du moins pas les sports qui pourraient m’essouffler. Les activités telles que le théâtre, le chant, rôle dans une association etc. ne pose aucun problème, j’en profite pleinement !

Thème 5 : La FÉDÉEH

(Motivations, attentes, satisfactions, …)

La FÉDÉEH, je ne connaissais pas cette association avant l’handicapé. J’ai envie d’aider les autres, de mon mieux, à travers cette association.

Je me suis rendue compte hier que, je me plaignais car les gens ne comprenaient pas, mais, comment peuvent t-ils puisqu’on ne leur dit pas ce qui ne va pas ? Pourquoi on est handicapé, ce que la maladie entraine.

Je sais que ce n’est pas facile, mais juste annoncer le nom de la maladie ne suffit pas parfois.

Il faut en parler. Je l’ai fait hier, mon amie a mieux compris, ça l’a éclairé et maintenant elle comprend le pourquoi du comment !  Bien sur, en parler est une chose déjà assez difficile, la décrire une autre, mais on ne peut le faire que quand on ne se sent pas en danger, le danger de ne pas être accepté.

Date du témoignage: le 29 octobre 2012

* Le nom a été modifié pour des raisons de confidentialité