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Vivre comme un valide avec une hémiplégie

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Prénom : Jean

Type(s) de handicap : Moteur

Spécialité(s) étudiée(s) : Licence pro par alternance achats

Métier : Responsable achats

 

Témoignage : 

Thème 1 : Présentation du handicap

J’ai une hémiplégie droite de naissance, bien sûr que cela se remarque un peu, mais cela ne m’empêche pas de vivre comme un valide.

La seule chose à laquelle je dois faire attention c’est la marche afin d’éviter une chute. Les gestes quotidiens ne me posent pas de problèmes majeurs. J’ai des difficultés dans des gestes techniques ou de précision (éplucher un légume par exemple). J’évite de porter des charges lourdes.

A part ma voiture aménagée pour mon handicap, je n’ai pas besoin d’autres aides/aménagements pour vivre au quotidien.

Pour ce qui est de la conduite je dois souligner que paradoxalement le plus difficile selon moi n’a pas été l’apprentissage de la conduite en tant que tel mais le fait de trouver une auto-école proposant des leçons de conduite adaptée. A ma connaissance, encore aujourd’hui il n’en existe qu’une seule sur l’agglomération grenobloise.

Tous les jeunes qui apprennent à conduire ont une appréhension, car c’est nouveau pour eux. Je n’ai pas senti de difficultés majeures et j’ai obtenu mon permis du premier coup.

Thème 2 : Scolarité

(milieu ordinaire/milieu spécialisé, orientation, relations avec les enseignants et les élèves, …)

J’ai été scolarisé en milieu ordinaire de la maternelle au BAC. Dans les petites classes j’ai eu le support de mes enseignants et de mes parents ce qui a contribué à ma réussite. J’ai été accompagné par un centre de l’APF qui se déplaçait à l’école (kiné, orthophonie….)

L’orthophonie en complément de la Kiné était nécessaire car je me suis heurté à deux types de difficultés en ce qui concerne l’élocution :

Enfant, j’ai appris à muscler l’ensemble des muscles des lèvres et à fermer la bouche, actions qui ne m’étaient pas innées du fait de mon handicap.

Etudiant, j’ai commencé à avoir des blocages de parole (type bégaiement). Cela en lien avec un fort stress lors de mes études à l’étranger loin de mon environnement amical et familial. Les activités de relaxation et de chant proposées par mon orthophoniste m’ont aidé à contrôler ma parole. Mais l’essentiel a été l’apport de l’entrainement que représente ma vie quotidienne : passer des entretiens, parler en public, répondre au téléphone, travailler en entreprise…

Au collège le regard des jeunes change et c’est à cette période que j’ai pu ressentir des difficultés à m’intégrer dans un groupe d’amis ou entendre des moqueries liées à la différence. 

Au  lycée puis à l’université les mentalités changent et bien que les contacts n’ont pas été pour moi si faciles à établir, j’ai rencontré des personnes remarquables avec qui je partage aujourd’hui des bons moments.

Sur le plan scolaire et universitaire rien à signaler si ce n’est l’utilisation d’un tiers temps pour les examens. J’ai choisi dès l’entrée au lycée une filière technologique. Mon choix a été tout de suite de m’orienter vers des études de gestion d’entreprise. 

Thème 3 : Études suivies

J’ai choisi une filière courte : DUT de gestion, un semestre à l’étranger puis une 3ème année de Licence professionnelle achats en alternance. J’ai voulu faire des études très concrètes, de terrain (stage, alternance…). 

Certains hésitent à faire une formation par alternance car ils l’appréhendent comme très fatigante. Il faut savoir que lorsqu’on signe un contrat d’alternance on devient salarié d’une entreprise, donc automatiquement les règles de l’entreprise s’appliquent à nous tout comme à n’importe quel autre salarié.

Le temps de travail est de 35h ou 40h ; en tant qu’alternant j’ai droit à 5 semaines de vacances par an. La différence c’est qu’en plus on va à l’école pour suivre nos cours. Le planning est chargé ; il faut faire l’ensemble du programme en un temps plus restreint et travailler les week-ends tout comme qu’un étudiant en formation initiale.

Cela ne m’a pas empêché d’être heureux et épanoui car j’étais bien encadré et je savais pourquoi je travaillais. Aujourd’hui, les formations en alternance sont réputées mais demandent un investissement plus important qu’en filiaire classique.

Le  manque de temps pour finir à l’heure un examen ou l’appréhension d’aller vers les autres  ne m’ont pas gêné car il y a toujours eu de l’aide et/ou des aménagements possibles. Le simple fait de parler de loisirs ou de sujets d’actualité fait oublier le handicap. Et quand on m’a demandé des informations  sur mon handicap je n’ai pas eu peur d’en parler naturellement et dire que je vivais comme n’importe quel étudiant. En classe certains étaient très contents de me voir passer au tableau.  

Thème 4 : Vie professionnelle

Ma vie professionnelle a vraiment débuté. il y a  un an et demi lorsque j’ai été embauché en alternance dans un service achats. Mi- étudiant mi- salarié, je me suis vraiment bien intégré auprès de mon équipe et investi dans mon travail.

Aujourd’hui, la cohérence de mon parcours universitaire et professionnel m’a permis de décrocher un premier poste en intérim en tant qu’assistant achats.

Aujourd’hui je souhaiterais allier la fonction achats à la logistique et gestion des flux.

Le handicap ne me fait pas peur en entretien, au contraire j’ai appris à le présenter de façon positive au recruteur.

Ma recette ?

Je crois que l’important est de rassurer le recruteur qui souhaite trouver un jeune avec des compétences adéquates au poste. Il convient de lui faire aussi comprendre notre projet professionnel. Il n’y a pas de recette miracle ; il faut juste être soit même. Pour autant un entretien peut très bien se passer, ce n’est pas pour cela que l’on obtient une réponse positive. Il faut rester très prudent.

Thème 5 : Loisirs 

Je suis sportif. Je nage en club handisport et cela me fait beaucoup de bien car si je n’éprouve pas de fatigue je ressens en revanche une certaine raideur musculaire. Et en plus cela fait décompresser après une longue journée.

Je suis très investi dans la vie de mon église, je participe à des réunions et anime le groupe étudiant. C’est-à-dire que je propose des activités, j’envoie des invitations et assure la logistique de l’organisation de la soirée.

Thème 6 : La FÉDÉEH

Mes attentes : partage des expériences, des témoignages, avoir des conseils sur mes futurs choix (professionnels et personnels).

Parler avec  d’autres personnes concernées par la problématique du handicap.

Et si possible accéder à des offres d’emploi ou rencontres qui pourraient me concerner.

Date du témoignage: le 25 février 2013